Le monde d'Anaxandre

Bienvenue!

Il y a quelques années, un homme, Stéphane Hessel, a écrit un essai intitulé "Indignez-vous".  C'était un résistant aux côtés de De Gaulle et ensuite un diplomate qui a eu la chance d'être présent pour la rédaction de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme.  Je n'avais pas porté une grande attention à ce livre à l'époque, ma vie m'occupait tant...  Pourtant, il avait fait grand bruit et, surprise, depuis que je m'y intéresse, je retrouve des allusions à ce mouvement dans plusieurs des magazines que je lis.  Ce n'est donc pas fini!!!

Il y a quelques semaines, coups sur coups, j'ai eu l'occasion de m'indigner, d'être choquée par des événements, des paroles, des actes.  Et je me suis sentie saturée.

Ce blog me trottait depuis longtemps dans la tête, je ne savais pas comment l'aborder.  Et c'est devenu une évidence.

Dorénavant, aussi régulièrement que possible, je viendrai m'indigner ici, dans mon monde.  Rien d'objectif, rien de scientifique, juste des "coups de gueule" réfléchis.

A aucun moment, je ne pense avoir LA vérité mais je vous partagerai MA vérité.  Avec mes sentiments.  Avec mes émotions.  Et bien sûr, passée par le prisme de ma vie.

J'espère ainsi vous intéresser et aussi vous encourager à ne pas rester passifs devant une société qui semble oublier que ses membres sont avant tout des humains, faits de chair, de sang mais surtout... de sensations.

Bienvenue!!!

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PS: Je me réserve évidemment le droit d'évoluer dans mes avis, mes coups de gueule, mes vérités...  Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis?  Alors je m'efforcerai de ne pas en faire partie!

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04 août 2019

Mais merde, où sont-ils?

Tu devrais plutôt demander "Mais merde, QUAND sont-ils?"!"  Retour vers le futur (1985)

Je viens de découvrir une nouvelle série...  Timeless... 

Bon, d'après mes informations, je ne la verrai pas très longtemps puisqu'elle n'a pas l'air d'être reconduite pour très longtemps mais voilà...  J'ai jeté un oeil sur deux épisodes parce que le pitch me tentait...  Repartir dans le passé pour empêcher un "méchant" de le changer et donc, de transformer le présent... alléchant...  Et en plus, on y annonce le retour d'un acteur que j'avais beaucoup apprécié pendant la période "Urgences"...

Me voici donc regardant les premières scènes, pleine d'espoir.  J'aime bien découvrir l'Histoire avec un grand H autrement que dans les cours rébarbatifs qui m'ont dégoûtée adolescente.

Evidemment, ça commence toujours de façon incongrue.  On ne sait pas trop ce qu'il se passe, on ne sait pas du tout où on se trouve, un peu de violence, quelques "convocations" plus tard et c'est là que vient l'aspect marquant de ce début de série.  Un quelconque humain qui ne sait plus quoi faire de son argent s'est fait construire une machine à voyager dans le temps.  Elle lui a été "volée".  Lorsque l'historienne (indispensable dans ce cadre, n'est-il pas?) découvre tout cela, elle a cette phrase que je trouve pleine de sens: "Comment avez-vous pu être assez bête pour inventer quelque chose d'aussi dangereux?"  Et cet homme de lui répondre: "Je n'avais pas prévu cet incident." (citation)

Franchement?  Un humain n'a pas pu avoir un seul instant l'idée qu'un autre humain pourrait utiliser son invention avec des intentions malveillantes?

Comme si l'Histoire ne regorgeait pas de telles initiatives...

Ca me tue!  Tous ces gens qui ont suffisamment d'argent pour financer des projets complètement fous sans penser aux conséquences...  Tous les jours, on en entend de nouveaux...  Et tous les jours, des personnes sont surprises de voir les conséquences directes de telles "folies".

Pas besoin de me le rappeler, la série s'en est chargée juste avant cet échange en disant que: "C'est ce qu'on disait du voyage sur la lune jusqu'à ce que quelqu'un avec assez d'imagination le rende possible."...   Rien ne semble plus impossible...

Mais est-ce que tout doit être fait sous prétexte que rien n'est impossible?

Je me souviens de cette brebis, le "premier" clonage.  Réussi, bien sûr.  On ne parle pas de tous les ratés avant.  Beaucoup de gens ont réagi très négativement à l'idée qu'on puisse cloner qui ou quoi que ce soit.  Mais dernièrement, j'ai lu que certaines stars américaines faisaient cloner leur fidèle compagnon à quatre pattes à leur décès...  En sont même à la deuxième ou troisième version.  Et ça ne choque plus personne...  Qui serait étonné d'ailleurs d'apprendre qu'on a déjà cloné des êtres humains?

Oui, il faut rêver.  Oui, il faut imaginer.  Mais tout n'est pas bon à créer!

Le grand boom du moment, ce sont les séries et livres sur la cyber-violence.  Et on nous laisse croire que tout cela est loin, que ça n'existera jamais, qu'on ne laissera jamais faire ça.  Et pourtant...  Pourtant, encore il y a quelques jours au journal télé, on nous "informait" que les données soi-disant anonymes vendues par les hôpitaux (merci de ne pas nous informer de tels actes lors de nos prises en charge!!!) l'étaient de moins en moins parce que, à force d'accumulation, on finit par recouper toutes les informations achetées deci-delà pour avoir un profil le plus fidèle possible.  Avec des informations que vous-même ne pourriez pas divulguer puisqu'elles sont "confidentielles", comme le précise ce cher "secret médical" respecté par vos médecins.  A vous, ils ne répondront pas.  Mais le monde entier sait ce qui arrive à votre conjoint...!

Sans compter ces soi-disant fuites de cet immense réseau social pour lequel le big boss a fait un tour en Europe il y a peu de temps pour "s'excuser" et promettre que "ça n'arrivera plus"... tout en mettant en place de nouveaux systèmes de surveillance par derrière...

Je suis sûre que la plupart des inventions ont été créée dans un but scientifique, pour voir ce qu'on est capable de faire.  Je suis sûre qu'une partie des inventeurs n'avait pas d'intention malveillante.  Mais entre la soif de pouvoir et la soif de l'argent, il y a toujours quelqu'un pour détourner ces révolutions et s'en servir comme arme contre d'autres humains.

"Je n'avais pas prévu cet incident."...

Cette phrase démontre juste la bêtise humaine dans toute sa splendeur!  Le monde ne fonctionne plus qu'à court terme.  Plus aucune décision n'est prise pour pérenniser le monde, la société, la vie.  Juste pour ce que ça apporte là, maintenant, tout de suite, dans l'immédiat.  Il suffit de voir les décisions de nos politiques mais aussi notre manière de voter...

Personne n'est innocent.  Moi la première qui suis choquée de voir l'importance prise par le net dans la vie de tous les jours et vous écris sur un blog en ligne...

Mais j'aimerais tant que, de temps en temps, une lueur d'intelligence perce en ce bas monde, qu'une personne en vue voie un peu plus loin que le bout de son nez.  De temps en temps...

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29 juillet 2019

Ils vécurent heureux...

... et eurent beaucoup d'enfants."

Je ne sais pas vous mais moi, j'ai été bercée par les contes.  Je me souviens... à une époque, mon père nous rapportait chaque semaine notre "Raconte-moi des histoires".  C'était un fascicule de contes illustrés avec une cassette (oui, une cassette, je vous parle d'un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître!)...

C'était LE moment!  A quatre enfants, on les a fait tourner ces cassettes!  Je me souviens que les mêmes voix revenaient toujours et il y en avait une que je ne supportais pas.  Et que j'ai retrouvée en doublage dans une série américaine.  Je ne l'aime toujours pas!!!  Je me souviens aussi de l'introduction nous rappelant (comme si on pouvait l'avoir oublié!) qu'au moment de tourner la page, nous entendrions une petite sonnette (exemple à l'appui juste après).  Je me souviens...

C'est dingue parce que cette série de fascicule a réellement compté dans ma vie.  Au point que, lorsque ma fille est née, je me suis battue dans la famille pour récupérer ce qu'il en restait.  C'était ma soeur qui les avait et elle les avait mis en classeurs.  Et c'est moi qui les ai maintenant.  J'ai découvert des tas d'histoire et mon imaginaire, mes rêves étaient peuplé de toutes ces voix que j'avais écoutées dans la journée...  La collection était bien faite puisque nous pouvions y retrouver des légendes, de la mythologie, des contes d'autres régions du monde et puis, bien sûr, les contes que nous entendions déjà très souvent à l'école ou au moment du coucher.

J'ai beaucoup appris grâce à eux...

Comme cette histoire de Raiponce devenue depuis célèbre grâce à Disney.  Comme Rumpelstilskin, personnage ô combien savoureux de la série "Once upon a time" qui était appelé Rumpelstilschen dans mes "Raconte-moi des histoires".  Et je connais même le conte initial qui a inspiré la Reine des neiges... et qui n'a vraiment rien à voir avec la version Disney que j'aime énormément aussi.

Tout cela m'a fait rêver, m'a fait grandir, m'a fait peur, ...  Mais c'est le but des contes!  Vous connaissez certainement tous le Petit Chaperon Rouge, le Petit Poucet, Barbe-Bleue... dont la fin nous fait plutôt faire des cauchemars si nous nous référons à la version initiale.  Pas la version édulcorée que nous servons à nos enfants maintenant...

En devenant adulte, j'ai continué à aimer ces histoires.  L'imagination est importante dans ma vie et je pense l'avoir transmise, de manière différente, à mes enfants.  Ils ont eu droit à leurs histoires au coucher, il y a des recueils (Mille ans de contes, pour ne pas les citer, entre autres) qui traînent dans la maison et bien sûr, mes "Raconte-moi des histoires" qui leur sont accessibles aussi.  Et puis tant d'autres livres...  Les contes de la Comtesse de Ségur, les Contes de la rue Broca, les Contes du Chat Perché, les Fables de La Fontaine, ...  Non, je n'ai jamais arrêté!

Ce n'est pas faute d'avoir été découragée par les magazines et autres livres qui rappellent à qui veut l'entendre que les contes de fées n'existent pas!  On emmène tous nos enfants voir les nouveaux Disney dès leur sortie au cinéma mais on leur apprend aussi à quel point ce n'est que de la fiction et que le bonheur tel qu'il est présenté n'existe pas.  Et c'est particulièrement violent pour nos filles qui n'ont plus le droit de croire au "Prince Charmant"...

J'aime bien ce qu'ils ont fait du couple "Blanche-Neige et Charmant" dans la série "Once upon a time".  Un couple bien de notre époque, qui se dispute, se frotte à la vie de tous les jours, a des désaccords, ... mais se retrouve toujours.  Ils font des efforts pour être l'un avec l'autre.  Ils réfléchissent à l'avis de l'autre, à la prise de position de l'autre, ils font des concessions, ... ils vivent!  Est-ce pour autant qu'ils ne vivent pas un conte de fée?  Est-ce vraiment irréalisable dans notre société complètement folle?

J'aime bien un post qui circule sur le net ou on voit un vieux couple, ils fêtent leurs 65 ans de mariage (!) et on leur demande leur secret... et leur réponse est tellement évidente: à leur époque, quand c'était cassé, on réparait, on ne jetait pas!

Ceci n'est pas un couplet contre le divorce.  Pas cette fois du moins.  Mais j'aime l'idée qu'on ne baisse pas les bras à la première difficulté dans son couple.

Je me souviens, trois semaines avant mon mariage (ceux qui se sont mariés savent à quel point le stress monte à l'approche du jour J et à quel point on peut être à fleur de peau!)... une personne bien intentionnée m'a dit que, de toute façon, si ça ne fonctionnait pas, ce n'était pas grave, je n'aurais qu'à divorcer.  Alors que les problèmes dont je parlais ne concernaient même pas mon couple...

Le Prince Charmant existe-t-il?  Vaste débat mais, personnellement, j'en suis convaincue.  Oh ben non, pas la version vendue dans les contes, les dessins animés, séries télévisées, livres et autres films qui nous font rêver mais oui, il existe.  Je vous dirais bien que je peux le prouver puisque je l'ai rencontré mais ce ne peut être la bonne réponse... c'est le mien!  Je suis certaine qu'il existe un Prince Charmant, une Princesse Charmante, pour chacun.e de nous.   Et il est différent en fonction de nous.  Chaque pot à son couvercle, comme le dit la sagesse populaire.

Et qu'on arrête de me dire que la vie ne permet pas de rêver.  C'est vraiment ça que vous voulez laisser à vos enfants?  Croyez-vous que, si nous n'avions pas rêvé, nous aurions pu inventer tout ce qui a été inventé?  Et donc, avoir une chance de trouver une solution à tout ce qui "tracasse" le monde à l'heure actuelle?

On ne doit pas enfermer nos enfants, nos filles, dans un univers féérique mais on ne doit pas le leur interdire non plus!  Permettons à nos enfants de penser qu'un jour, ils seront heureux.  Et profitons-en pour leur rappeler que le bonheur, ce n'est pas QUE ce qu'on voit à la télé ou sur internet mais aussi des petits moments comme un ciel bleu le premier jour du printemps, une place de parking qui se libère juste sous notre nez, un repas entre amis, ...  Parce que le conte de fée... c'est notre vie!  C'est votre vie!  Avec toutes ses difficultés.  Et avec tous ses petits et grands moments de bonheur.

Alors allez-y!  Rêvez!  Lisez des contes à vos enfants!  Montrez-leur le chemin... et n'oubliez pas de construire votre propre conte de fée.  L'exemple, c'est encore le meilleur moyen de leur apprendre les choses...

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24 juillet 2019

Les jolies colonies de vacances...

... Merci maman, merci papa!"  Pierre Perret

Comme chaque année à cette époque revient le moment où mes enfants partent en stage, camp, colonies de vacances, ... choisissez le terme qui vous convient le mieux.  Et comme chaque année, même si nous insistons pour qu'ils se choisissent une activité qui leur est propre, qui correspond à leurs goûts personnels, nous essayons aussi de faire en sorte qu'ils partent aux mêmes dates ou au moins quelques jours qui se chevauchent afin de pouvoir profiter d'instants en amoureux. N'est-ce pas logique?

Ce qui me choque, c'est que chaque année, à la même période, les mêmes questions reviennent.  Que ce soit sur le net ou dans la vie, avec les copains ou les collègues, c'est toujours la même chose...  "Qu'est-ce que vous allez faire?"

Cette question semble toute simple énoncée comme cela mais c'est loin d'être le cas.  Car elle implique un seul style de réponse qui correspondrait plus à la question suivante: "Où allons-nous partir pendant que les enfants sont en stage?"

Je dois dire que je ne comprends pas du tout ce principe...  Clairement, on sous-entend qu'une fois qu'on s'est "débarrassé" de nos enfants, on peut enfin profiter de la vie et qu'on doit faire des choses exceptionnelles: sortir tous les soirs au théâtre, partir en vacances au soleil, faire un city-trip, ...

Et là, c'est à mon tour de choquer en répondant qu'on reste à la maison, en amoureux.  Qu'on en profite pour moins faire, pour se détendre, faire la grasse mâtinée... mais que jamais nous ne nous permettrions de faire des activités telles que précitées alors que nos enfants ne sont pas présents.

Cela semble être devenu la règle pour tout le monde: on fait des enfants, on les case et on profite de la vie!  Mais quelle horreur!!!  De plus en plus, j'entends autour de moi des gens qui décident de partir "entre copain.e.s" (entre voisin.e.s, avec leur nouveau.elle compagnon.e, ... ici aussi, choisissez!) en confiant leurs enfants à leur ex-conjoint.e, aux grands-parents, ...  C'est l'occasion de s'amuser, de retrouver sa jeunesse, ...  Je peux comprendre qu'on ait besoin de moments sans les enfants et je suis la première à dire qu'on a besoin de temps pour soi-même pour mieux aimer et s'occuper de nos enfants.  Mais de là à faire des activités aussi "énormes" sans eux...

J'ai choisi d'avoir des enfants.  Lorsque ce choix a été posé avec mon mari, nous avons bien pesé le pour et le contre, le moment, ...  Nous savions qu'avoir un enfant impliquait un investissement total de notre part sur de longues années.  Aucun regret... la vie est merveilleuse avec eux.

Oui, bien sûr, on aimerait parfois un peu plus d'intimité.  Oui, quand on rencontre un.e ami.e, on voudrait un peu plus de tranquilité.  Mais ça fait partie du jeu!  Nous savions tout cela lorsque nous avons choisi de fonder une famille!

Et nous avons décidé aussi quel genre de famille nous voulions être à cette époque.  Nous détonnons dans le paysage actuel mais, au risque de déranger certains lecteurs, non, nous ne partirons pas en vacances sans nos enfants.  Non, pas question de city-trip pendant qu'ils profitent de leurs colonies de vacances.  Et pas de folies extravagantes non plus sans eux.  Si nous partons en vacances, c'est en famille. Et si nous faisons un city-trip, maintenant qu'ils sont assez grand pour en profiter, c'est avec eux aussi.  Et les sorties, tout pareil.

Nos enfants méritent de profiter de la vie avec nous. Et nous nous en portons très bien!  Nous sommes heureux ainsi et cela nous semble logique de ne pas chercher à nous en débarrasser pour des plaisirs "égoïstes" alors que nous avons pu profiter avant leur venue dans notre vie...

Pensez-y...  Qu'auriez-vous pensé si vos parents vous avaient casé quelque part pour pouvoir partir en vacances, faire la fête, ...?  N'auriez-vous pas trouvé cela injuste?  N'auriez-vous pas pensé qu'ils pourraient faire des activités en famille, dépenser leur argent autrement, ...?  Et pourtant, tout le monde le fait aujourd'hui ou presque.

Et c'est ma famille qui choque...

Pardon, mais je ne changerai rien.  C'est trop bon!

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02 juillet 2019

Ce qui fait d'un problème un problème...

"Ce qui fait d'un problème un problème, c'est de contenir une contradiction." José Ortega y Gasset

Quand les magazines vous récompensent d'une main pour vous gifler de l'autre...
La belle saison revient et les contradictions sont de plus en plus fréquentes: un magazine ventant le bien-être en acceptant les tenues de bains d'habitude réservées aux "maigrelettes" et offrant des recettes spéciales minceur pour être à son avantage sur la plage.  Ca ne vous choque pas?  Moi bien!
Tous les magazines sont à mettre dans le même panier et pourtant,j'adoooore les magazines et j'en suis une lectrice assidue.  Mais toutes les semaines, c'est pareil!  Se maquiller moins, revenir au naturel: 2 pages.  Puis 3 pages sur les dernières techniques de maquillage.
S'accepter avec ses rondeurs: enquêtes,témoignages.  Puis 10 pages mode où le mannequin est plus mince que mince.  Petit exploit il y a quelques mois en découvrant des mannequins un peu plus âgées.  Mais pas avec des "défauts" physiques.
Ca m'énerve!  On vous conseille de prendre soin de vous y compris au travail et, deux pages plus loin, on vous parle productivité en détruisant la théorie abordée plus tôt.
Attention, c'est très bien fait!  On n'utilise pas le même vocabulaire ni les mêmes références mais le résultat est là: en 10 pages, on vous a dit tout et son contraire.
Et après,on s'étonne de voir la société à la dérive...  Comment savoir que faire, que penser?
Personnellement, je lis pour avoir de nouvelles informations, de nouveaux sujets de réflexions et cela devient de plus en plus compliqué.  A part si je me concentre sur ces non-sens, bien sûr!  Mais pour en revenir sur la partie la plus difficile à vivre  pour les humains que nous sommes, ne pourrions-nous avoir une ligne de conduite toujours la même?  Les magazines proposant des unes parlant de bien-être son très à la mode.  Mais l'humain étant "volage", il ne peut s'empêcher de foncer sur les pages régimes et autres recettes allégées...  Tout ça malgré que de nombreuses études sont étalées dans ces mêmes magazines pour dire à quel point les régimes sont néfastes pour la santé...
Très sincèrement, tout ça m'éneeeeerve!!!  Pourquoi les magazines ne peuvent-ils pas avoir une ligne éditoriale un minimum "logique"?  Il serait temps qu'on arrête de prendre les lecteurs pour des imbéciles incapables de faire des liens entre les différents articles!

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01 juin 2019

Le handicap ne peut pas être un handicap.

"Le handicap ne peut pas être un handicap."  Stephen Hawking

Depuis quelques semaines, une chute me handicape grandement dans mes déplacements.  Comme toujours, la médecine prend son temps et moi, je le perds.  Mon temps.

Jusque là, je me débrouillais avec ma fidèle paire de béquille, profitant des prêts de chaises roulantes dans les grandes surfaces lorsque le besoin s'en faisait sentir mais les élections ont changé tout cela.  Mon mari travaillant et moi étant investie de la grande mission de procuration, j'avais peur que les files d'attentes soient trop longues à subir pour mes béquilles et moi.  Nous avons donc décidé de louer une chaise roulante à la croix-rouge.   Et d'obliger les enfants à m'accompagner faire mon devoir civique.

Mon bureau de vote étant dans une école primaire, je m'attendais à ne pas avoir trop de difficultés mais ça a commencé à la sortie de la voiture car, même si des places étaient prévue pour les handicapés juste devant la grille de la cour d'école, le trottoir, lui, n'était pas très abordable.  Heureusement que j'avais pris mes béquilles!  Une fois installée dans ma chaise, je m'attendais à ce que "tout roule"!.  Mais là encore, je me berçais d'illusion puisque l'entrée dans la cour était accompagnée d'une petite marche, la cour elle-même pas du tout plate et l'accès au bâtiment... totalement impossible sans l'immense gentillesse des personnes qui attendaient eux aussi leur tour.

Je vous rassure, le passage dans l'isoloir s'est fait sans encombre aucun (à part que les papiers affichés autour de moi déjà décollés pendouillaient lamentablement et que je ne pouvais pas les soulever assez haut pour pouvoir les lire...).  Par contre, la présence de mon fils a été bien utile au moment de mettre mes différents bulletins dans les urnes placées bien trop hautes pour moi...  J'ai mal au pied mais je suis pourtant capable de vivre ma vie et devoir être aidée pour si peu m'a franchement dérangée.

Mais ça ne s'arrête pas là.

La chaise roulante est là pour un mois, nous profitons donc, mon mari et moi, pour aller faire une petite course ou l'autre.  Première étape, trouver une place de parking près d'un commerce dans lequel nous nous rendions pour la première fois.   Ce commerce étant à l'extrémité d'une place, le parking est de toute façon éloigné mais il y a au moins 3 places de parking pour handicapé aux alentours proches et, cerise sur le gâteau, une place non handicapé libre.  Je ne veux pas prendre la place de personnes qui subissent cela tous les jours de leur vie...

Pendant que mon mari file payer le parking, je décide de m'aventurer sur la place, en pente légère.  Le sol est composé de gravier aggloméré (je ne connais pas le nom de ce revêtement... c'est solide mais plein de mini bosses et fosses!!!) qui rend la conduite de mon nouveau véhicule assez délicate.  Evidemment, je n'ai pas la virtuosité de certains et mes bras sont loin d'être musclés suffisamment mais tout de même.  La manoeuvre était difficile, les roues étant dirigée plus par le revêtement de sol que par moi.  Mais je suis arrivée près de la vitrine du commerce qui nous intéressait.  Surprise: la marche pour y accéder me semble gigantesque.  Impossible de se contenter d'un coup de main de mon mari.  Le commerçant est vite arrivé et, avec mon mari, ils m'ont portée dans la boutique!  Une aventure loin d'être agréable!  Et une fois déposée dans l'entrée, je me suis encore retrouvée bloquée dans l'espace réservé pour s'essuyer les pieds!!!  Bref, plus qu'une aventure, c'est carrément Koh Lanta!  Surtout pour mes accompagnants.

Je me suis retrouvée dans cette boutique, pas du tout à mon aise, me disant que si ce commerçant n'avait pas été présent mais juste sa jeune collègue, je n'aurais pas pu y entrer.  Pareil si mon mari ne m'avait pas accompagné.  Et pas question d'en ressortir si l'envie m'en prenait...

J'ai toujours trouvé que la voirie était mal faite.  Que le celui d'entre vous qui ne s'est jamais pris les pieds dans un trou sur un trottoir me jette la première pierre!  Entre le vieillissement de la voirie ou la malfaçon, les trottoirs trop étroits, les feux pour piétons qui deviennent rouge trop vite, les marches à monter, ... la vie est loin d'être simple pour une personne qui a des difficultés à se déplacer!!

Je suis terriblement choquée de voir qu'un commerçant digne de ce nom n'ait pas une rampe facile à sortir pour permettre aux personnes handicapées d'accéder à son échoppe!

Parce qu'au final, la personne handicapée est doublement handicapée!  Sans compter le regard des autres (entre la pitié, la peur ou la honte???)!

Evidemment, les élections sont passées (et avec quels résultats!) mais je n'entends pas souvent parler de faciliter la vie aux personnes handicapées.  On fait des rampes pour accéder à certains lieux mais ensuite?  Ensuite, il faut slalomer entre les obstacles, ne pas compter pouvoir ouvrir une porte soi-même, ...

Dans une société de plus en plus vieille et où le seul souci est de ne pas mourir (j'aurais pu dire d'amasser de l'argent mais ça n'entre pas dans ce coup de gueule!!!), je ne comprends pas qu'on ne se bouge pas un peu plus pour la mobilité!  Les bus sont rarement pourvus de places pour les chaises roulantes.  Et de toute façon, comment y monter???  Les trains... il faut réserver sa place 24h à l'avance pour espérer avoir un coup de main!  Les places de spectacles sont rarement bien mises, les places de parking insuffisantes et la société... totalement inadaptée!

"Si tu prends ma place, prends aussi mon handicap"... j'aime bien ce panneau placé sur les places de parking mais ça s'arrête là, malheureusement.  Pour accéder à mon supermarché habituel, j'ai du passer l'épreuve de la rigole juste avant la rampe pour accéder à l'entrée!  Et pour aller aux toilettes?  Eh bien "Madame Pipi" a du bouger sa table pour me laisser entrer dans le local... où elle stocke tout son matériel de nettoyage et de papier toilette!

Je vous le dis, la vie de handicapé, c'est Koh Lanta à côté de votre porte!  Pas besoin de partir au bout du monde pour vivre l'aventure!!!

Faisons bouger les choses!  Tout un chacun à sa place dans la société et le fait de ne pouvoir se mouvoir correctement ne devrait pas entraver la liberté dont chacun aime profiter!!!  Et être libre, ça ne devrait pas sous-entendre être dépendant.  Même pour les handicapés!

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24 mai 2019

Un bulletin de vote...

"Un bulletin de vote est plus fort qu'une balle de fusil."  Abraham Lincoln

Cela fait des semaines que nous sommes assaillis de toutes parts par les hommes politiques et leurs programmes.  Et pourtant, à deux jours des élections, j'avoue ne toujours pas avoir bien saisi leurs propositions.  On dit tout et son contraire et finalement, je suis perdue.  Et pas plus que la majorité des personnes qui parlent des élections autour de moi, je n'ai confiance en l'Homme Politique (au sens large), en la Politique ni dans le Système.  Et il faut dire qu'on est gâtés cette année puisqu'on vote trois fois d'un coup!  De quoi être désarçonné et déboussolé devant l'information reçue!

Et pourtant, ce n'est pas cela qui est mis en avant.

Dans nos pays d'Europe occidentale, nous avons la chance (oui, j'ai bien dit la chance!) de bénéficier du droit de vote gratuitement.  Mais oui, nous avons le droit de donner notre avis!  Dans notre pays, ce droit est même une obligation qui choque de plus en plus.  Mais pourquoi? 

Pourquoi l'obligation de voter choque-t-elle plus que l'obligation scolaire, par exemple?  Lorsque cette décision a été prise, elle l'a été dans un souci de réelle démocratie (alors que nous vivons dans une monarchie, faut-il le rappeler?) afin de permettre à tout un chacun de s'exprimer.  Même aux personnes en difficultés financières.  Même aux personnes handicapées.  Même aux personnes dont les droits ne sont pas toujours respectés pour toutes les raisons possibles et imaginables.  Nous, les femmes, n'avons pu voter que tardivement, nos maris étaient là pour nous guider et nous dire ce qui était bon pour nous!  Mais maintenant, cette obligation nous protège justement de ce genre de comportement.

Et pourtant, le nombre de personne qui s'en plaint va croissant...

Tout le monde connaît au moins une personne qui ne vote pas, ne vote plus, n'a jamais voté...  Personnellement, ça me choque bien plus que d'être obligée de me lever un dimanche matin de temps en temps pour faire la file à l'isoloir.  Comment peut-on décider de ne pas donner son avis sur des choses aussi importantes que notre vie en communauté?  Pourquoi?

J'entends déjà les excuses fleurir...  Tous des pourris!  Ils ne font ça que pour l'argent!  Ils ne tiennent jamais leurs promesses!  Tout ça, c'est magouilles et compagnie!  Ils n'en font qu'à leur tête!  Ils dézinguent tout et ont tous les droits!  Ce n'est qu'une petite partie de ce que j'entends tous les jours et je ne vais pas vous mentir, je pense aussi ce genre de choses.  Et bien plus.  Mais je pense surtout que si je m'abstiens de donner mon avis, ça n'ira sûrement pas mieux!

Quelques semaines après mes dix-huit ans, il y avait élection.  J'aime autant vous dire que je n'en menais pas large, perdue dans tous ces programmes, ces partis et les scandales qui entouraient le monde politique (mais oui, il n'y a rien de nouveau sous le soleil!).  Je tenais à voter mais je ne savais pas comment.  Ma grande-tante avait coutume de dire qu'elle choisissait de voter pour les plus beaux hommes qui se présentaient.  C'était peut-être une blague.  Peut-être pas.  Personnellement, j'ai suivi mes convictions de l'époque et je les suis toujours: quel que soit le parti que je choisisse, je sélectionne toujours les femmes sur les listes proposées.  Je ne suis pas particulièrement féministe au sens actuel (voir un billet précédent) mais je reste convaincue qu'il est important d'avoir des personnes de toutes sortes pour ouvrir le débat et le rendre constructif.  Et on ne peut pas dire que les femmes soit sur-représentées au pouvoir...

Ca, c'est mon choix.  A ma manière, j'encourage la démocratie.  A ma manière, je soutiens MES objectifs.  Je respecte la loi non par obligation mais parce qu'elle me semble juste.

Chacun est libre de ses choix... mais qui a le droit de se plaindre alors qu'il n'a pas pris la peine de donner son avis?  C'est facile de regretter certains changements dans nos sociétés si nous ne prenons pas la peine de nous y intéresser en amont!  C'est aussi à cela que servent les élections et donc notre obligation de vote!

Vous ferez ce que vous voudrez dimanche.  Vous irez.  Vous n'irez pas.  Vous voterez blanc.  Vous sélectionnerez un parti.  Vous choisirez des personnes sur une liste.  Peu importe parce qu'au final, vous êtes libres de vos choix.

Mais s'il vous plaît... ne venez pas vous plaindre d'être puni lorsque vous ne respectez pas la loi alors que vous ne donnez pas votre avis!!!  Personnellement, ça m'écoeure de voir toutes ces personnes se mettre en avant sur les réseaux sociaux en avouant ne pas vouloir faire leurs devoirs de citoyens... et qui se plaindront d'être punis.  Si vous vous vantez d'un crime, la punition suivra!

Faisons vivre la démocratie ensemble!  C'est un devoir civique...

Et pour rappel, les nombreux citoyens de pays non-démocratique rêveraient de prendre notre place... ne l'oublions pas!

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08 mai 2019

Ta mère est tellement grosse...

"Ta mère est tellement grosse que pour la voir entièrement, on doit reculer de trois pas."

Ces blagues, et tant d'autres, ont fait le tour de la planète et ont fait rire plusieurs millions de personnes.  Peut-être vous?  Pas moi...

J'ai beau me creuser la tête, je ne vois plus que ça.  Toutes les catégories de personnes sont protégées, qu'on parle d'orientation sexuelle, de race, de religion... mais les gros ne sont pas concernés par ces institutions qui se donnent bonne conscience (même si, je le reconnais, elles sont utiles aussi).  Il n'empêche qu'elles laissent sur le côté une importante partie de la population: les gros.

Vous les appellerez comme vous le voulez: gros, ronds, obèses, enrobés, hors norme, les gros n'ont pas leur place dans notre société.  Et encore moins les grosses.

Oui, un peu de féminisme ne nuit pas!  Les grosses, encore plus que les gros, sont clairement mis de côté et n'ont pas droit de vie dans nos civilisations.  Je n'ai d'ailleurs pas trouvé de blague masculine sur les gros pour entamer ce sujet.  Il suffit de jeter un oeil autour de soi pour se rendre compte qu'un homme, même gros, a tout de même plus de possibilité qu'une femme grosse!  On se moque moins de lui (je n'ai pas dit qu'on ne se moquait pas de lui!), on lui laisse parfois sa chance.  Pas pour les femmes...

On peut pour cela se rendre au cinéma...  Les hommes ont non seulement le droit de vieillir mais, en plus, ils ont le droit de s'empâter.  Et ça ne déplaît pas aux femmes puisqu'ils sont toujours autant séducteurs malgré leur embonpoint.  Je dois dire que j'en trouve plus d'un vraiment sexy.  Et que je ne suis pas du tout attirée par les maigrichons qu'on essaye de nous vendre.  Dans ces mêmes films, à part l'âge des actrices, leur avez-vous trouvé quelques rondeurs?  Même au niveau de la poitrine, cela semble devenu indécent.

Dans les grandes sociétés aussi, les hommes "corpulents" trouvent une place alors qu'une femme, même sans être au contact d'une quelconque clientèle, est mise de côté!

Si on passe dans les magasins, ça s'accentue encore plus!  Pour un même poids, un même tour de taille, les hommes trouvent en boutique de quoi se vêtir alors que les femmes doivent se retirer vers des sociétés spécialisées voire, supplice suprême, vers des commandes sur le net.

Les grandes tailles annoncées dans les magasins sont de plus en plus étroites ET les tailles proposées se terminent de plus en plus bas.  Des enseignes proposant le XL sont difficiles à trouver alors ne parlons même pas des tailles plus grandes encore!  Et pourtant, la majorité de la population ne fait pas du 36, bien au contraire!  D'ailleurs, je parle de taille 36 parce que c'était la "taille de rêve" quand j'étais ado mais on est plus bas encore maintenant...

Ce jugement, conscient ou pas, met à mal une bonne partie de la population qui n'en peut plus...

Que le premier qui ne s'est jamais dit "C'est normal qu'elle soit grosse, celle-là, t'as vu ce qu'elle achète?" à la caisse d'un supermarché me jette la première pierre!  Même moi, je me suis surprise à le penser...  Foutue société qui nous formate...

Vous pensez que j'exagère en vous parlant de toutes ces frustrations que doivent subir les gros dans la vie de tous les jours?  Mais j'en ai d'autres: la taille des sièges au cinéma, dans le bus, le métro, l'avion..., le matériau utilisé pour les sièges en terrasse (oups... les pieds s'écartent au moment de s'asseoir, je vais rester inconfortablement au bord pour ne pas risquer de me retrouver par terre!), la place prévue par personne adulte dans les voitures (je me suis vue reprocher le fait que le siège conducteur de mon véhicule s'était détaché à cause de mon poids... alors que j'avais toujours une voiture vieille de 12 ans que j'avais été la seule à conduire et qui n'avait rien!!!), les ascenseurs de plus en plus petits et qui ne supportent pas de grands poids par rapport au nombre de passagers possibles, les balances (certaines s'arrêtent sous les 100kg!!!), la faiblesse des sommiers de lit, les couloirs souvent très étroits pour gagner de la place, les places de parking toujours plus étroites alors que vous devez ouvrir grand votre portière si vous voulez sortir de votre voiture, les caisses aux supermarchés de plus en plus étroites où vous ne passez que de côté, les toilettes (alors que c'est un lieu où vous pourriez au moins être un minimum à l'aise!), les chaises avec des accoudoirs (soit vous êtes gros, soit vous avez des accoudoirs... les deux, c'est devenu impossible!), les chaises roulantes trop étroites, les rayons de magasins où vous risquez de tout faire tomber juste en passant, ...  Et je n'ai pas pris la peine de réfléchir pour vous faire cette petite liste.  Imaginez l'ampleur des dégâts!!!

Mais il me reste un GROS point sensible à aborder: l'accès à la médecine.

Cette semaine, j'ai vu un reportage consacré à la grossophobie (oui, il existe un mot pour tout ce que je subis depuis tant d'années!!!).  Ce thème n'a, pour moi, pas été assez traité et pourtant...

Bien sûr, il existe ce nouveau créneau de chirurgie "magique" qui permet à tout un chacun, en quelques coups de scalpels, d'arriver à atteindre le Saint Graal de la maigritude mais je n'ai pas envie de parler de cet aspect auquel je ne crois pas.  Cela méritera tout un post, je pense.

Allons au plus simple...  Vous faites un peu de fièvre, un mal de tête persistant, le nez qui coule.  Vous filez chez le médecin qui vous auscultera et vous donnera un diagnostic ainsi qu'un traitement adapté.  En tant que grosse, si je me présente avec les mêmes symptômes, j'aurai droit à un laïus long comme un jour sans pain sur le fait qu'il faudrait que je maigrisse, que j'aurais moins de soucis de santé.  Imputez-vous votre fièvre, votre mal de tête et votre nez qui coule à un problème de poids?  Pourquoi est-ce que tout symptôme devient, pour les gros, une excuse pour aborder le sacro saint sujet qui fait mal: notre surpoids.  Ces médecins pensent-ils réellement que nous n'avons pas essayé de maigrir ou, à tout le moins, d'arrêter de grossir?  Pensent-ils vraiment que le fait de perdre 10, 20 ou 30kg nous aidera pour notre souci de fièvre, maux de tête et nez qui coule?

Le résultat, c'est que tous gros que nous sommes, nous avons maintenant peur de mettre les pieds dans un cabinet médical.  Quoi que je puisse avoir, cela a toujours un lien, de près ou de loin, avec mon poids!

Il y a quelques années, j'ai dû me rendre aux urgences en pleine nuit pour des douleurs ventre et dos insoutenables.  Cela faisait des heures que je me tordais de mal et finalement, je me suis rendue à l'évidence: il me fallait un médecin.  L'accueil fut on ne peut plus glacial: on ne m'a tout simplement pas adressé la parole à part pour me donner des ordres (déshabillez-vous, donnez votre bras pour la prise de sang, patientez, partez faire un scanner, ...).  Je crevais littéralement de mal au point de ne pouvoir m'arrêter de pleurer et je me suis sentie comme un morceau de viande.  On a très clairement émis l'hypothèse que j'avais du me goinfrer et que j'en payais le prix...  Mais quand je suis sortie du scanner, il en a été tout autrement: j'avais réellement un problème médical!!!

Je peux aussi vous parler, en tant que femme, de la difficulté de trouver un gynécologue qui ne jugera pas...  Lors de ma première grossesse, j'ai eu "la chance" de tomber sur un médecin qui a tout fait pour m'empêcher d'accoucher naturellement.  Elle est arrivée à ses fins en faisant un examen simple mais qui ne permet pas de voir grand chose... à part d'être interprété à la bonne convenance du médecin (ceci m'a été confirmé plus tard par un autre gynécologue n'ayant pas de souci ultime avec mon surpoids) et lui a permis de me forcer à subir une césarienne.  La naissance de ma fille a été un terrible choc, un moment horrible qui me tire encore des larmes et ce médecin, cette femme (!), en a rajouté une couche lors du suivi post-opératoire en me disant ouvertement qu'on m'avait déjà laissé avoir un enfant et que cela suffisait comme cela.  Je ne vous répéterai pas sa réponse lorsque j'ai demandé des informations sur le retour aux relations sexuelles normales post-césarienne...

Il est un moment où il faut passer à autre chose.  Mais comment faire quand la peur vous bloque lorsque vous avez besoin d'un médecin?  Comment choisir?  Comment avoir droit à un bon suivi quand vous devez les tester les uns après les autres en espérant tomber sur un être humain, quelqu'un qui verra autre chose qu'un monstre lorsqu'il vous rencontrera, quelqu'un qui prendra vos symptômes pour ce qu'ils sont, n'excluant pas votre poids mais ne l'utilisant pas comme principal diagnostic?

La vie des gros est bien difficile dans cette société.  Il nous faut subir le regard et le jugement des autres mais aussi la pression.  Lisez la presse: il est temps de se mettre au régime pour être au top en maillot de bain.  Et lorsque vous serez rentrée de vos vacances, il faudra vous mettre au régime pour perdre les petits kilos dus aux nombreux apéros de ces-dites vacances.  Et après, il faudra vous préparer pour être la plus belle dans vos tenus de fêtes et donc faire attention à votre ligne.  Puis se remettre au régime pour perdre les kilos pris pendant les fêtes.  Puis... sans faim!  Sans fin, pardon!

Aujourd'hui, je voudrais juste vous demander une chose: lorsque vous rencontrez un gros, homme ou femme, pourriez-vous, s'il-vous-plaît, prendre en compte ce qu'il est et non ce qu'il représente (votre peur d'être mise dans la même case peut-être?)?  Laissez-lui sa chance sans déterminer d'avance qu'il est pourri, sans volonté, qu'il mange n'importe quoi et ne prend pas soin de lui.  Vous ne savez pas ce qui se cache derrière ce surpoids.  Mais c'est un être humain.  Avec des émotions.  Traitez-le comme vous aimeriez être traité...

Merci pour nous.

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16 avril 2019

Notre-Dame...

"Notre-Dame

Que c'est beau!"

Victor Hugo (cité par Théophile Gauthier dans le poème "Soleil Couchant")

 

On ne s'y attend jamais...

On ne s'y attend jamais et pourtant, on sait que ça peut arriver.  On préfère juste ne pas y penser en se disant que ça nous préserve...

Hier soir, au moment d'aller dormir, un dernier regard sur les réseaux sociaux... et la télévision est immédiatement rallumée.  Les chaînes d'infos en direct sont bien évidemment toutes focalisées autour de ce désastre: Notre-Dame de Paris est en feu!

Les souvenirs remontent... des visites de mon enfance à la toute dernière, en septembre dernier...  Notre-Dame fait partie de ma vie depuis toute petite et je suis en larmes.

C'était en septembre 2017 que nous y étions entré la dernière fois mais à chacun de nos passages sur Paris, nous devions faire un détour par le parvis, incontournable!

En ce matin difficile, je pense évidemment à cet extraordinaire bâtiment, témoin de 850 ans d'histoire de notre vieille Europe.  Je pense aux extraordinaires oeuvres d'art qui n'ont certainement pas pu être sauvées.

Mais je pense surtout à ces bénédictions: un seul pompier touché, le feu circonscrit au seul bâtiment, le quartier préservé.  Tout cela aurait pu virer au drame mais les pompiers, ces hommes incroyablement courageux, ont encore une fois montré qu'ils sont à la hauteur de nos attentes: ils ont sauvé tout ce qui pouvait être sauvé.  Et peut-être même plus...

Alors ce matin, je suis reconnaissante de voir que les dégâts sont principalement matériels.  Même s'il s'agit là de matériel d'exception...

Catholiques ou pas, j'ose espérer que des personnes nanties vont se découvrir une âme de mécènes, que de nombreux jeunes et moins jeunes trouverons en eux la vocation d'ouvriers d'exception pour redécouvrir des métiers, que les politiques et autres décisionnaires prendront les responsabilités qui s'imposent...

Notre-Dame de Paris, je crois en toi!  Je crois en la solidarité que tu vas inspirer!

JE CROIS!!

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09 mars 2019

On me traite de féministe...

"On me traite de féministe chaque fois que mon comportement ne permet pas de me confondre avec un paillasson."  Rebecca West

Hier, c'était la journée de la femme.  Je déteste cette idée qu'il faille une "journée de la femme" par chez nous.  Dire qu'on se dit "civilisés", que nous profitons de grandes technologies, de savoirs incroyables, d'une démocratie formidable... mais nous en sommes toujours à essayer de donner une place aux femmes dans nos sociétés.

Je n'ai pas envie de m'étaler sur le problème des femmes en général mais juste du mien...

Il y a 14 ans, j'ai perdu mon travail.  Le temps d'en chercher un nouveau, je suis tombée enceinte, grossesse attendue.  Et bien sûr, personne n'a voulu m'engager.  Je ne les blâme pas, je ne l'aurais probablement pas fait non plus.  Mon enfant né, j'ai choisi de rester quelques temps avec histoire de profiter un peu de ces moments qui passent si vite.  Quand j'ai recommencé à chercher du travail, mon deuxième enfant s'est annoncé et, avec mon mari, nous avons fait les comptes: payer une crèche ou tout autre système de garderie pour deux enfants reviendrait à utiliser mon futur salaire uniquement pour cela.  Alors j'ai arrêté de chercher.

Bien sûr, le merveilleux système de chômage me harcelait pour que je reprenne le travail et, en pesant le pour et le contre, j'ai abandonné totalement pour me mettre à la charge de mon mari.

Cela dit en passant, entre mes deux grossesses, lorsqu'on me forçait à me présenter à des formations, j'avais beau demander des solutions de garde d'enfant, personne ne pouvait m'aider...  Je devais trouver du travail mais pas faire garder mon enfant.  Ou je devais prendre une place dans une garderie, la payer sans salaire dans l'espoir que, peut-être, je trouverais rapidement un emploi...  Ridicule...

Lorsque j'ai fait les démarches pour me mettre à la charge de mon mari, j'ai eu la surprise de ma vie: d'un seul coup, j'ai disparu de la surface de la terre!  Non, bien sûr, je ne me suis pas évanouie dans l'espace mais légalement, je n'avais plus d'existence.  Je n'ai plus eu le droit d'avoir ma propre mutuelle par exemple...  J'ai été obligée de rejoindre celle de mon mari, perdant tous mes avantages.  Ca vous semble ridicule?  J'ai juste eu l'impression que je ne pouvais plus exister qu'à travers mon mari.  Tout ça pour avoir la chance de vivre l'enfance de mes enfants, de les éduquer, d'être présente pour eux.

La vie n'a pas toujours été facile avec un seul salaire.  Mais il n'y a pas que cela!

Premier jugement donc: je ne suis plus capable de prendre mes propres décisions.  Ce n'étaient pourtant pas les 200€ mensuels que m'octroyait le chômage qui me permettait de payer mes propres charges.  C'était donc déjà mon mari qui payait ma mutuelle.  Et le reste.  Mais là, c'est devenu officiel, j'ai disparu au profit de mon mari!

Second jugement: je suis femme au foyer (selon le terme consacré), j'ai donc beaucoup d'argent.  Parce qu'évidemment, faire le choix de ne pas travailler à notre époque sous-entend automatiquement une fortune personnelle ou un salaire très élevé de la part du conjoint.  Mais ce n'est pas le cas...  C'est difficile tous les mois.  Mais être avec mes enfants, est-ce vraiment quantifiable en euros?

Troisième jugement: devant la cour de l'école, je ne travaille pas, je ne suis donc pas une femme.  Une femme doit travailler.  Ce n'est plus négociable.

Quatrième jugement: je suis une mère poule, je surprotège mes enfants, je ne leur permets pas de s'épanouir, de devenir indépendants, ...  Je m'investis trop dans leur éducation.  Jugement directement issu des enseignants rencontrés au cours de la scolarité de mes enfants.  De la part des directions d'école aussi.

Cinquième jugement: je prive mes enfants des conforts les plus élémentaires tels que jeux vidéos hors de prix, vacances, activités extraordinaires.  Parce que je ne travaille pas.  Et qu'il n'y a donc pas assez d'argent pour leur donner ce confort que les autres ont.  Mais à quel prix l'ont-ils... sans leurs parents à leurs côtés pour grandir...

Sixième jugement: directement induit des cinq autres, je n'ai plus aucune considération pour moi-même.  Je suis culpabilisée de toutes parts pour cette décision qui, pourtant, me semble la meilleure jamais prise.  Du moins pour mes enfants.  Parce que c'est important, les enfants!  Parce que j'aime être à leurs côtés, découvrir la vie à travers leurs yeux, les voir heureux, les voir s'émouvoir, ...

Alors, quand on me parle de la journée de la femme, je ris franchement.  Apparemment, être une femme, à l'heure actuelle, c'est être un homme!  Cette égalité qu'on veut à tout prix arracher à la société, nous ne l'avons que par le truchement de mensonges sur nos propres personnalités, nos goûts, nos envies, notre avenir.

Parce que je suis femme, je ne peux plus rien choisir pour moi grâce aux diktats de notre époque!  Parce que la femme doit être l'égale de l'homme, je n'ai pas le droit de choisir le bien-être de mes enfants plutôt que le mien.  Je ne l'ai pas vécu comme un sacrifice.  Je l'ai vécu comme une chance!  Une chance de voir grandir mes enfants.  Une chance de profiter de tous ces petits moments qui font qu'ils grandissent, qu'ils évoluent, qu'ils deviennent indépendants.  J'ai pu leur donner la main à chaque fois qu'ils en ont eu besoin et, encore maintenant, ils savent que ma main est là, prête à les rattraper si nécessaire.  Contrairement à ce que l'on croit, mes enfants grandissent, deviennent indépendants, veulent vivre leur vie et je fais de mon mieux pour les y encourager.  Exactement comme nos ancêtres le faisaient.  Je les conduis en douceur vers l'âge adulte, chacun à leur rythme.  En quoi ne suis-je pas une femme en tenant mon rôle de maman...?

Les fins de mois sont difficiles.  Oui.  Depuis longtemps.  Je me prive de beaucoup de choses pour que mes enfants aient un maximum de choses.  Et j'aimerais bien de temps en temps avoir un peu plus d'argent pour nous offrir ces petits bonheurs dont les autres ne profitent pas réellement comme aller manger au restaurant de temps en temps ou faire une sortie au théâtre, une journée au parc d'attractions, ...  J'aimerais me trouver un petit job d'appoint pour toutes ces choses.  Mais je tiens surtout à être présente dans la vie de mes enfants et c'est difficilement compatible.

Alors tant pis pour tous ces jugements qui sont si lourds à porter.  Que vous le vouliez ou non, je suis une femme!  Pas une femme d'aujourd'hui.  Pas une femme d'hier.  Mais peut-être une femme de demain: celle qui aura le droit de décider des choses pour elle sans être jugée parce que ça ne correspond pas à ce que la société veut!  Celle qui pourra choisir d'avoir ou non des enfants!  Celle qui décidera de travailler plus ou moins, à temps plein ou partiel, de gagner beaucoup d'argent, de se tuer à la tâche au travail ou à la maison.  Celle qui décidera ce qui est le plus juste à SES yeux...

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